Les affligés [Récit fictif]

12/17/2018

L’horizon prit des teintes orangées et le soleil se coucha aussitôt. Une nouvelle nuit d’incertitudes et de souffrances allait bientôt commencer. Une nuit comme toutes les autres, une nuit à ne pas fermer l’œil, une nuit à prier pour espérer voir l’aube se lever. Toutes les pensées convergeaient vers le même souvenir: celui de la lumière du soleil et de sa chaleur qui venaient nous rassurer, ne serait-ce qu’un instant, pour nous pousser à continuer...

 

Le ciel d’encre qui s’étendait à l’infini et les lamentations qui s’élevaient çà et là ne faisaient qu’amplifier les craintes et les angoisses de ceux qui anticipaient la tempête. Front contre terre, nombreuses étaient les têtes voilées qui, en dernier recours, entonnaient d’incompréhensibles incantations qui semblaient s’apparenter à des prières au Tout-Puissant. La peur était insoutenable, mais la laisser transparaître aurait amené de lourdes conséquences sur la confiance et le mince espoir que maintenaient les plus jeunes. Leurs petits yeux innocents en avaient déjà trop vu, et leurs cœurs resteraient à jamais meurtris des horreurs vécues.

 

Soudainement, un silence absolu immobilisa tous gestes et toutes paroles. Il était temps d’accepter l’inacceptable, puisque toutes les appréhensions se confirmèrent. Au loin, une lumière incandescente déchira la nuit et s’abattit en explosant avec un bruit sourd. Après quelques secondes d’impassibilité, une pluie de projectiles traversa le ciel, arrachant aux spectateurs des cris de panique. Les explosions semblaient toujours plus près et la fumée qui en émanait empêchait de voir la provenance des tirs. Le vacarme était tel que certains, assommés par le bruit, n’avaient d’autre choix que de s’allonger, les mains sur la tête, en souhaitant que cet enfer cesse. Les enfants en pleurs dans les bras, chacun essaya de se frayer un chemin parmi les décombres pour sauver sa peau. Mais où aller? Il ne restait qu’à se cacher et à espérer.

 

Une odeur âcre s’éleva des restes calcinés. Les maisons en ruines seraient à présent le tombeau de nombreux innocents. Parmi les gravats, des parents poussaient des cris d’agonie pleurant leurs enfants, certains tenant de petits corps inertes et ensanglantés dans leurs bras.

Nombreux étaient les orphelins qui, debout sur la place, regardaient autour d’eux à la recherche d’un visage familier. La souffrance et l’incompréhension ternissaient petit à petit la dernière bribe d’espoir.

 

L’horizon prit des teintes orangées et le soleil se leva aussitôt.

 

À quand la liberté?

 

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