L'homme, prisonnier de sa propre invention [Cours de français]

*Dans le cadre de leur dernier examen d’étape, les élèves de 5e secondaire devaient prendre position sur « le siècle de l’asservissement »… Puisque cette réalité a une influence de plus en plus marquée sur notre bien-être, nous vous en partageons quelques-uns. *

 

« On consomme tant qu’on finit par se consumer » - Jean-François Dortier

 

Durant des milliers d’années, l’Homme a été soumis au régime de la rareté, en redoutant la faim, en souffrant d’ignorance et de privations de toutes sortes. Or, le 21e siècle, celui de l’homme contemporain, est caractérisé par l’abondance et tel est son défi : éviter l’excès et la démesure. En fait, la société que nous avons nous-mêmes créée de notre plein gré est maintenant contrainte d’être notamment sous l’emprise de l’hyperconsommation. Mais est-ce possible de lui résister? N’est-il pas trop tard? Personnellement, je suis d’avis que personne n’échappera à l’asservissement grandissant de ce système qui est hors de notre contrôle, et ce, en raison du développement considérable du capitalisme dit « addictif » et du fait que nous, consommateurs, sommes le produit du Web.

 

D’abord, en ce qui me concerne, je crois fortement que nous ne possédons pas la capacité, entre autres psychologique, de contrer l’assujettissement auquel nous sommes soumis par les marchandises qui inondent non seulement les temples de la consommation, mais également Internet par les achats en ligne, car le capitalisme addictif (théorie soutenue par le sociologue Patrick Pharo) nous tient prisonniers dans ses filets. Effectivement, il faut comprendre en premier lieu que le capitalisme a dans ses gènes l’idée de croissance et d’accumulation, c’est-à-dire que, si les besoins sont satisfaits, il faut en créer d’autres. Ainsi, grâce à la complexité des techniques de marketing qui sont de plus en plus intrusives et qui briment notre vie privée (une des nouvelles méthodes de marketing fonctionne selon le même principe que la pêche : on nous séduit en nous mettant sous les yeux quelque chose que l’on sait, dû à l’espionnage numérique, qui nous plaît déjà), on nous offre d’innombrables produits qui vont bien au-delà des besoins élémentaires. Par conséquent, les besoins se substituent au plaisir que nous souhaitons tous combler. Toutefois, ce plaisir est éphémère et, pour l’entretenir, il n’y a pas d’autre choix que d’accélérer le processus et de passer rapidement d’un achat un autre. On assiste alors à une forme d’addiction dont nous tenterons de nous libérer, mais ce sera en vain puisque, même en étant conscients d’être pris dans le piège de nos désirs, nous sommes enfermés dans une spirale sans issue qu’on ne contrôle pas. Bref, je fais à nouveau mention que nous sommes incapables de lutter contre l’hyperconsommation, car le capitalisme addictif a fait de nous des victimes dépendantes de ce mode de vie.

 

Ensuite, selon moi, comme notre société moderne est plongée dans une culture consumériste qui cause, bien évidemment, le problème d’hyperconsommation, il n’est pas envisageable de s’en défaire dû au fait qu’ « Internet est en nous ». En effet, de nos jours, Internet est utilisé de façon à être un outil d’exploitation des internautes et de leurs données. Tel que mentionné dans l’article du journaliste Hubert Guillaume, paru en juin 2018 : « Tout est finement scruté, testé, rentabilisé ».  Les géants du Web enregistrent au moyen de traceurs (cookies et pixel espion) notre comportement en ligne, autrement dit, toutes nos données de navigation dans le but de les analyser et de créer des profils psychologiques qui pourront être associés à tout un chacun. D’ailleurs, saviez-vous que bon nombre d’applications dans notre téléphone essayent d’avoir accès à des informations personnelles dont elles n’ont aucunement besoin pour fonctionner afin de les vendre à des agences spécialisées? Enfin, une fois que notre identité est entre les mains de parfaits inconnus, ceux-ci peuvent appliquer le principe de câblage publicitaire, donc nous solliciter à consommer des produits qui sont, dans la plupart des cas, inutiles. C’est alors que le cercle vicieux, cette fois-ci engendré par Internet, recommence et qu’il n’est plus possible d’en trouver la sortie. En somme, je partage l’opinion que, bien malgré nous, l’emprise que génère l’hyperconsommation est omniprésente et qu’on ne peut faire autrement que de la subir.

 

Pour conclure, je pense réellement qu’il est irréaliste de croire que nous sommes en mesure de nous libérer de cette cage qu’est l’hyperconsommation, considérant l’essor du capitalisme addictif et du visage caché de la technolâtrie. Tout compte fait, tel que proposé dans l’article de juin dernier « L’économie du désir, peut-on lui résister? » de Jean-François Dortier : « En matière de consommation, même les puissants courants de fond peuvent s’inverser. » Ainsi, dans un avenir rapproché, constatant l’ampleur de ces catastrophes causées par l’hyperconsommation, notre société va-t-elle décider de changer d’horizon et d’adopter une vision renouvelée de la consommation?


 

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